27 décembre 2006
Tempête du 8 Décembre 2006
Rapide aperçut de la situation générale de ce Vendredi 8 Décembre 2006 à 0h00:
Depuis déja de nombreux jours, le pays se trouvait sous l'influence d'un flux d'ouest sud-ouest perturbé et doux. Ce dernier entraînait avec lui un grand nombre de perturbations pluvio-venteuses venues directement de l'Atlantique, arrosant ainsi régulièrement la France. Une situation à risque en ce qui concerne la formation de tempêtes.
Cela à fini par se concrétiser dans la journée du 8. En effet, la veille, un creusement dépressionnaire se faisait de plus en plus remarquer au large de côtes. Sa trajectoire laissait penser que son centre avait de grands risques de passer dans nord des terres françaises.
Le soir les premières alertes au vent violent sont émises dans les bulletins. Des rafales de 100 à 120 km/h sont prévues dans l'intérieur, et jusqu'à 140 km/h sur les côtes les plus exposées.
Le creusement maximal de la dépression était prévu à 990 hpa en son centre:
La carte des vents moyens à 10m sur 10 minutes montrent bien que les rafales les plus puissantes se trouvent, comme dans leur habitude dans la partie ouest sud-ouest du centre de la tempête:
Direction approximative: Abordage des côtes vendéennes en début de matinée en passant par Paris vers 12 h pour aller s'essouffler en Belgique en soirée, et mourir en remontant vers le nord-est. La température quant à elle resterai très douce, surtout pour un début décembre.
Le lendemain, levé à 4h00 pour suivre l'évènement. Le centre dépressionnaire aborde comme prévut les Pays-de-la-Loire. Le dernier run (0h00) des modèles annonçe un creusement plus important de la dépression allant jusqu'à 985 hpa. Les vents sont alors susceptibles d'êtres plus importants bien que le jet ne soit pas trop puissant.
Il est 10h et la tempête se rapproche de plus en plus de la région parisienne. Je décide alors d'aller sur le terrain pour contempler le phénomène. Nous irons dans une peupleraie située en face du château de Guermantes en Seine-et-Marne, entre Lagny-sur-Marne et Bussy-Saint-Georges, au nord de la A4. Une fois sur les lieux j'attends. Quelques rafales se faisaient sentir mais sans grande importance, sous un ciel très chargé en stratocumulus, laissant malgré tout apparaître quelques trouées bleues:
C'est après 1h00 d'attente que les rafales se sont faites de plus en plus fortes et de plus en plus nombreuses. Il est alors à peu près 12h00-12h30. Des branches importantes, mortes et vivantes commencent à s'arracher des troncs et à tomber en tous sens. Les arbres souffrent, les fourches crient, les branches hurlent, la nature gémit.
Ces peupliers, géants de 20-25m étaient très brutalisés, dans un bruit plus que grandiose que formait le vent tranché par les rameaux. Les cimes de certains sujets se trouvaient pliées à l'horizontale! Dans cette lignée d'arbres, on se rendait vraiment compte de la localisation des rafales. Certaines qui ne faisaient qu'une trentaine de mètres de large, traversaient la rangée, et laissaient intact tous les autres arbres, presque immobiles situés pourtant juste à côté!:
Vers 13h, la tempête atteint son apogée. Il bruine et vente encore plus fort. Les conditions sont trop difficiles pour pouvoir rester dehors, aussi bien pour moi que pour l'appareil. De plus, malgré un air doux, le windchill dans cet air humide et pénétrant me glaçait véritablement. La prise de photos devient très difficile. A cet instant, les rafales qui déboulaient avec violence dans la peupleraie, soufflaient par endroit toutes les feuilles mortes sur plusieurs dizaines de mètres dans le champs situé à coté, tel un souffleur géant qui passait pour ramasser les feuilles! C'était impressionnant!
Tremblant de froid, je décide donc de remonter dans la voiture pour regagner mon domicile. Cela tombait à pic car la tempête commençait à se calmer progressivement. En arrivant chez moi quelques bonnes rafales étaient encore présentes mais rien de comparable avec le maximum de vent observé dans la peupleraie.
Seule frayeur, le pin de 13 m dans notre jardin menaçait de s'effondrer sur les boxes voisins, et penchait dangereusement à chaque rafale. Un étayage de fortune à permis de le maintenir durant les dernières rafales. Le lendemain il fût fortement étêté pour éliminer tout danger, un bel arbre qui avait pourtant si bien résisté à la tempête de 1999.
En fin de journée retour au calme. Le centre dépressionnaire s'éloigne vers le nord-est et s'essouffle peu à peu. Il poussa en France des pointes de:
-144 km/h sur la pointe de Chemoulin, près de Pornichet,
-140 km/h, le pont de Cheviré,
-169 km/h au sommet du Puy de Dôme,
-125 km/h à Saint Etienne Grand clos,
-122 km/h à Saint Chamond et Saint Gervais,
-137 km/h au sommet de la Tour Eiffel,
-122 km/h à Paris Montsouris (1 mort à Paris suite à une chute d'un panneau publicitaire),
-Jusqu'à 400.000 foyers privés d'électricité.
Pour finir, voici la pression relevée en région parisienne lors du passage de cette tempête. C'est lorsque la pression remonte presque à la verticale que les vents sont les plus violents:
Cette journée on peux dire qu'on aura été gâté, et que cela faisait déja bien longtemps que l'on avait pas eu pareil coup de vent depuis 1999.
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