17 juillet 2008
Couleurs du 14 juillet
Petit aperçu de ce grand jour du 14 juillet où pétards et feux d'artifice n'ont cessé d'éclater pour le bonheur des grands et des petits:
Passerelle de Bry-sur-Marne (94):
Autre soirée artifice, mais cette fois-ci au coeur de la région parisienne aux rues noir de monde. Le tir à eu lieu à partir du Trocadéro:
18 avril 2007
Restructuration d'un Polygonum aubertii
13 avril 2007
Ici, je vous propose une méthode de taille pour cette plante grimpante. C'est un Polygonum aubertii, qui porte le nom vulgaire (commun) de renouée de Chine.
C'est un végétal aux pousses très puissantes qui recouvre en un rien de temps une surface horizontale ou verticale à décorer, ou à cacher. Peu difficile quant à la nature du sol, il s'adapte à peu près partout et génère des fleurs blanches en abondance si l'exposition est bonne. Il faut toutefois, lui installer un support sur lequel les rameaux vont s'enrouler.
Voici la plante en question avant les travaux:
Lors de son ascension sur le treillage, la renouée ne s'est pas bien fixée. La plupart des rameaux principaux se sont glissés derrière le support et tenaient dans le vide. Il a donc été décidé de:
-Restructurer les charpentières, de façon à homogénéiser leur développement sur la surface à couvrir,
-Retirer le bois mort pour faire débourrer les bourgeons latents,
-Fixer correctement ces charpentières sur le treillage.
Etant donné que les oiseaux sont en pleine nidification, il a été soigneusement vérifié qu'aucun habitant ne se trouvait dans la plante, avant d'entreprendre le moindre travail.
La surface du mur est d'environ 4 m de haut x 5 m de long.
Premièrement, l'épaisseur du duvet mort accumulé à été fortement réduite au taille haie, de façon à y voir plus clair. On peut déjà distinguer que les rameaux principaux partant de la base de la plante ne suivent pas du tout le treillage et ont poussé complètement en biais, suivant la diagonale du mur:
Ensuite, progressivement, se sont les pousses sans importance qui ont été retirées avec le bois mort. Voyez comme aucune structure n'est présente ici. En bas à droite rien est fixé, les charpentières partent dans tous les sens et certaines tombent même par terre. C'est le bazar!:
Voici maintenant le résultat final, après n'avoir gardé que les rameaux importants. Le reste du bois mort a été éliminé du treillage dans sa totalité, et les rameaux principaux ont été refixés et redirigés sur leur support de façon égale:
Les pousses inutiles ont été sectionnées à leur base, en suivant un angle de coupe qui respecte celui du rameau le plus gros. La cicatrisation se fera correctement et rapidement (nous reviendrons sur ce sujet en détail plus tard):
Les rameaux sélectionnés ont été raccourcis sur les bougeons latents. Ils peuvent être devinés grâce au bourrelet, réparti tel une ceinture tout autour de la pousse (comme ci-dessous). Une multitude de bourgeons qui produiront les jeunes tiges vont apparaître à cet endroit. La distance entre ces futurs bourgeons et la coupe doit être de 10 à 15 mm. Nous suivrons régulièrement la cicatrisation en image de cette pousse même, pour vous donner une idée de ce qu'est le travail bien fait:
L'essentiel du travail est maintenant fait.
Les déchets de taille peuvent ne pas être systématiquement brûlés ou jetés à la poubelle. En effet, c'est une véritable mine d'or pour la biodiversité, qui viendra très rapidement s'y installer pour y vivre pendant de très nombreuses années, et souvent on l'oubli!
Ce (ces) tas peut-être entreposé dans un coin peu visible du jardin et pourra être alimenté régulièrement en déchets verts. Même si vous ne le voyez pas, des milliers d'êtres vivants seront constamment présent, hiver comme été.
Pour être concret, ce "tas de merde" faisant sale au milieu d'un jardin propre (pourquoi propre???), fera en réalité partie des sources (si minces) écologiquement intéressantes dans un jardin. (Ici aussi, beaucoup de choses sont à dire, mais nous ne nous éterniserons pas):
Voilà, c'est fini! Il ne reste maintenant plus qu'à admirer la puissance avec laquelle la renouée va partir. Les pousses qui vont se former seront régulièrement dirigées sur le treillage, de façon à ne plus avoir à renouveler la taille, qui démasque ce mur grisâtre peu esthétique.
Le Polygonum aurait très bien pu être laissé à son propre sort. Il ne s'en serait pas porté plus mal. Après, c'est l'ensemble des avantages, des contraintes, des problèmes, des envies qu'il faut prendre en compte pour agir le plus intelligemment possible.
Vous verrez par la suite, l'évolution de cette plante grimpante qui va littéralement exploser. C'est bluffant!
La méthode de taille proposée ici n'est qu'un exemple parmis tant d'autres. On aurait pu tailler plus long ou plus court. On aurait aussi très bien pu garder plus de pousses en place, ou au contraire en retirer d'avantage etc... Tout dépend des conditions, du type de plante, mais aussi du résultat que l'on veut obtenir, tout en restant dans le domaine du raisonnable.
Le 25 avril 2007
Et quelques temps après...
Voyons maintenant le résultat de notre taille en direct, 12 jours plus tard (25.04.07), sachant que les travaux ont été effectués le 13 avril 2007.
Souvenez vous de cette photo:
Et...12 jours plus tard:
La pousse formée est vigoureuse. La coupe effectuée à l'avant sera vite cicatrisée.
3 mai 2007
Nous voici maintenant le 3 mai 2007. Comme vous pouvez le constater, le Polygonum s'est développé considérablement et dans tous les sens (c'était très prévisible). Il nous faut maintenant passer à l'étape de la sélection des rameaux, qui formeront les branches maîtresses qui s'agripperont sur le treillage pour plus tard:
C'est une opération déterminante qui guidera définitivement la structure de votre plante. Il ne faut pas hésiter à réfléchir sur les rameaux que l'on va sélectionner, mais il ne faut pas hésiter non plus à faire une sélection sévère. En effet, trop de rameaux entrent en concurrence les uns avec les autres au niveau de la coupe. Il faut donc en sélectionner 1-2 ou 3 maximum, qui partiront dans des directions différentes. Cette méthode permettra de diriger l'énergie de la renouée sur son allongement dans un premier temps, puis sur son étoffement dans un deuxième temps.
Passons à la pratique avec 3 exemples:
Exemple 1:
Comme il l'a été dit plus haut, les pousses sont nombreuses au départ et entrent en concurrence entre elles. Pour cette branche principale très productive (la plus grosse de la charpente de la plante), il faut donc être d'autant plus sélectif pour les nouveaux départs.
Avant:
Sur 6 départs, il n'en restera que la moitié en tête du rameau. Ce n'est pas tout, car sur la moitié de ces départs, 2 seront palissés sur le treillage, 1 à l'horizontal qui poussera de la droite vers la gauche, et 1 à la verticale qui poussera jusqu'en haut du support. Le troisième aura la fonction d'ornement et étoffement de la plante, mais non de sa croissance.
Quand on parle de sélection, cela ne veut pas dire qu'il faut trier au hasard. En effet, Il est impératif de garder les pousses les plus fortes, les plus grosses, et celles en meilleur santé. Elles sont facile à repérer.
Après sélection:
Exemple 2:
Un très bon cas qui montre combien la renouée peut nous faire perdre la tête, tellement les départs sont nombreux. On aurait presque envie de ne rien toucher, ne sachant pas par où commencer. Ce n'est pourtant pas plus compliqué que dans l'exemple 1. Il faut simplement sélectionner le ou les plus forts départs en tête de façon qu'il n'en reste que 3 maximum.
Avant la taille:
Voici donc en image le résultat. Ici la sélection a été sévère. Seul 1 départ sera conservé à l'avant du rameau. Pour un souci de "répartition des charges" entre les branches dont nous reparlerons plus tard, cette jeune pousse sera dirigée vers le haut du treillage.
A noter qu'il n'est pas interdit de faire une sélection des rameaux latéraux situés derrière la nouvelle pousse principale, de façon à augmenter sa croissance et sa force. Dans ce cas il ne faudra garder que les départs latéraux moins vigoureux que le principal pour qu'il n'y ai pas de concurrence.
Et après:
Exemple 3:
On parlait de concurrence dans l'exemple 2. En voici un très concret. Que se passe-t-il?
La taille d'origine a été opérée au niveau de la flèche rouge. De cette taille ont poussé 3 départs (flèches jaunes). Mais, une très forte pousse (flèche bleue) à pris naissance plus à l'arrière du rameau. (Ces réactions ont des raisons multiples et diverses. On peux cependant supposer que l'alimentation des ces 3 départs à été entravé par un dessèchement trop en profondeur de la plaie de taille, sachant que les rameaux de la renouée ont un bois d'une très faible densité). Il entre donc en concurrence directe avec n'importe quelle de ces 3 jeunes pousses. Une solution judicieuse s'offre à nous: Rabattre l'ensemble du rameau principal sur cette très forte pousse (trait violet), et palisser cette dernière sur le treillage.
Avant:
La pousse que nous avons sélectionné sera encore plus forte et encore plus vigoureuse!
Pour information: Lors de son guidage, le rameaux a été plié par mégarde à l'angle du treillage, du fait qu'il se soit rapidement lignifié (transformé en bois). Si cela vous arrive, ce n'est pas grave, laissez le comme ceci. Observez son comportement dans les jours à venir. Si il continue de croître, ce qui est généralement le cas, c'est bon signe. Il formera à l'endroit de la rupture, un cal de cicatrisation qui se matérialisera par une boule tout autour du rameau, à peine visible.
Après le rabattage:
Une fois ces opérations de sélection effectuées, contentez vous supprimer d'éventuels rameaux latéraux concurrents par rapport à(aux) rameaux principal(aux) sur la même branche. Continuez de diriger les départs de tête sur le support.
Prochainement, nous verrons à quels endroits pour cette situation il faudra sectionner la tête des pousses principales sur le treillage, pour former des charpentières durables et solides.
21 mai 2007
Nous arrivons à la fin des travaux exercés sur le Polygonum aubertii depuis le 13 avril 2007. Tout le treillage à maintenant été parcouru par la renouée, guidée depuis qu'elle à produit ses nouvelles pousses. Il ne reste plus qu'à tailler leur extrémité pour que ces dernières puissent grossir, se renforcer et produire des ramifications latérales. Elles ne feront qu'étoffer le Polygonum qui, dans très peu de temps aura masqué toute la face grise de ce triste mur.
Nous allons donc étudier les derniers travaux qui sont réalisés. Nous essayerons d'en dégager une analyse sur les problèmes, les solutions, les erreurs et l'avenir de la plante. Tout ceci débouchera sur une conclusion finale de l'analyse générale que nous avons mené du début à la fin.
Vous vous souvenez, le 3 mai 2007? Regardez plutôt:
Etat actuel, moins de 20 jours après le cliché ci-dessus:

Nous parlions plus haut, le 3 mai 2007 de la "répartition des charges" entre branches. C'est une expression pas très commune, mais qui, je pense doit être comprise pour la plupart des personnes. En fait, le but est d'essayer d'uniformiser, et de répartir de façon égale la surface que chaque branches devra couvrir.
Pourquoi? Eh bien tout simplement pour ne pas trop amplifier la croissance et la force de certains rameaux par rapport à d'autres.
En pratique, c'est très souvent impossible de faire respecter la part de l'égalité sur la végétation. On peut toutefois réfléchir pour que la répartition se fasse la mieux possible.
Ci-dessous, voici la structure charpentière du Polygonum en question. Chaque trait coloré est terminé par une flèche qui est associé à un numéro, correspondant à une branche de la plante. A l'extrémité des flèches se trouve un trait. C'est l'endroit où il est choisi de sectionner la tête des pousses sur leur support, en fonction de leur vigueur, leur force, leur santé, leur fiabilité...
1, 2 et 2 a (bleu ciel et jaune) serviront à étoffer le centre de la renouée et poussent de façon horizontale,
3 (rouge) parcours le bas et le coté gauche du treillage,
4, 5 ainsi que 2 b et 6 (orange, violet, jaune et bleu foncé) poussent majoritairement à la verticale, pour créer un renforcement de étoffement qui n'en sera que plus rapide, combiné avec les pousses horizontales. Cela permet de produire des ramifications croisées qui se supporteront mieux entre elles pour ne pas tomber:
Comme il l'a été dit plus haut, la répartition égale de la tâche des rameaux est difficile, voir impossible. On peut le constater avec les rameaux 2, 2 a et 2 b de la plante (jaune) qui sont de même vigueur, (6 en bleu foncé étant bien plus faible) et regroupés en une seule branche. Cette dernière est la plus forte de la plante et alimente le plus de surface.
Ce n'est pas grave. En tout cas c'est bien moins grave que si, au contraire nous avions choisi d'installer le rameau n°6 à la place du rameau n°2 par exemple. En effet, au vue de la vigueur des autres pousses, il aurait très rapidement dépérit. A la place où il se trouve, un peu à part, en haut à droite du treillage, il peut évoluer plus lentement, sans être trop gêné par ses concurrents.
Les pousses 3, 4 et 5 ne se contenteront pas d'être sectionnées sur le coin haut gauche du treillage. Au vue de leur très grande vigueur, il sera décider de les faire grimper sur le tuyau d'une gouttière. Ils pourront ainsi rattraper en force les branches jaunes, qui elles se contenteront de rester sur le treillage.
Pour finir, on peut noter que, dans le quart en haut à gauche de la renouée, se trouve une surface plus quadrillée par les ramifications que dans le quart en bas à droite. Il est alors très probable que l'amas de pousses et l'épaisseur du duvet soit plus important dans ce secteur.
Peut-être devrons nous, à l'avenir supprimer la branche n°4, pour uniformiser le volume.
Ou alors, pourquoi ne pas laisser cela tel quel pour, au contraire créer des variations d'un secteur à l'autre de la plante?
Là encore, de multiples solutions s'offrent à nous, mais, au vue de la taille qu'à subit la renouée, il vaut mieux pour le moment ne plus rien toucher. On aura le temps par la suite d'en voir l'évolution et d'aviser si nécessaire.
La plante est maintenant prête. A l'avenir, il est envisagé de la laisser pousser comme bon lui semble. Elle produira un duvet de plus en plus épais et florissant à chaque saison. Cela n'aura qu'un seul effet: Embellir un endroit qui est resté bien triste depuis des années.
Je tiens de nouveau à rappeler que le choix, la méthode, la taille, les décisions sont bien différentes d'une personnalité à l'autre. Le Polygonum aurait pu ne pas subir "d'opération", aussi bien qu' une taille plus forte pouvait être envisagée.
Il n'en demeure pas moins que ces choix doivent être pris consciencieusement. Ils ne doivent pas dépasser dans un cas comme dans l'autre, les lois indiscutables que nous imposent les opérations de taille (souvenez vous de la phrase avec le chirurgien dans le sujet "La taille: petite approche"). Dans le cas contraire, ce sont des blessures irréversibles que l'on inflige au végétal, qui aboutiront à plus ou moins long terme, au dépérissement de ce dernier.
Même si, peu de personnes semblent en accord avec le principe du "laisser pousser, plutôt que de tailler même sans savoir", c'est ce principe que je recommande à vous tous.
Le dossier sur les règles de taille que tenterai d'élaborer, bien qu'il soit complexe, et d'approche pas toujours facile, vous fera, je l'espère réfléchir pour prendre les meilleures décisions. Vous vous y reprendrez alors à deux fois (même plus) avant de prendre en main votre sécateur, votre tronçonneuse, votre cisaille ou votre taille haie.
Vous verrez que, la plupart des personnes massacrent inconsciemment et au plus haut point, ces règles techniques particulières, qui elles mêmes doivent être exercées avec le plus de modération possible. Vous vous rendrez compte des dégâts plus que spectaculaires et alarmants que peuvent provoquer de petites, comme de grandes plaies sur un végétal.
Dans tous les cas, j'espère que, déjà ce petit dossier vous donnera une bonne mise en bouche, avant d'attaquer les choses sérieuses.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas, pourvut qu'il ne soit pas trop tard pour votre plante!
La taille: Petite approche
La taille est une pratique qui revient trop souvent et trop systématiquement dans les jardins, alors qu'elle est loin d'être nécessaire en réalité. Elle est parfois exercée n'importe quand, n'importe où, sur n'importe quoi. Les raisons sont diverses, mais c'est à mon avis un effet de mode qui s'est maintenant banalisé, et que l'on pratique comme une activité régulière. Le fait que les jardins soient aussi plantés beaucoup trop serrés peut expliquer les raisons de cette "activité régulière", dans la plupart du temps néfaste.
(Je tenterai de faire un dossier détaillé sur cette approche, afin que nous comprenions tous que moins on taille, mieux c'est.)
Cependant, la taille peut dans certaines situations se révéler bénéfique, et nous allons le voir en pratique plus bas.
Avant de passer à l'action, il faut garder en permanence à l'esprit que la taille est une opération chirurgicale que l'on exerce sur les plantes, et que cette pratique doit être réalisée le plus précisément et le plus soigneusement possible. La cicatrisation n'en sera que meilleure et le résultat sera là!
Pour être plus concret: Est-ce que vous seriez capable de confier votre âme à un chirurgien maladroit qui doit vous opérer?
Je doute que oui! Eh bien pour les végétaux c'est exactement la même chose. Il suffit pour cela d'appliquer quelques critères basiques avant de passer à la pratique:
-Posséder quelques bases sur le principe de taille,
-Avoir un minimum de connaissances sur le végétal en question (certains ne supportent pas la taille),
-Vérifier l'affûtage des outils de coupe qui doit être correct,
-Désinfecter ces outils à l'alcool 90°C (ceci est aussi valable à chaque fois que l'on change de plante pour ne pas transmettre de maladies).
Nous voilà fin prêt!
(Un autre sujet sera également élaboré concernant les méthodes de tailles.)
21 janvier 2007
Orage grêligène du Samedi 13 Mai 2006
Voici le récit de mon aventure passée avec ce très fort orage de grêle qui s'est développé hier chez moi, ainsi que dans les communes alentours. C'est un des plus violents orage de pluie et de grêle auquel j'ai pu assisté!
L'orage qui s'est sans cesse régénéré sur place a abandonné de façon très brutale et durable des pluies torrentielles, mêlées à de très violentes chutes de grêle par endroit. Les inondations constatées dans ma commune, chez certains commerçants ont été spectaculaire.
Une journée d'émerveillement pour moi, mais de cauchemar pour d'autres personnes qui ont perdu de nombreux biens. Autre fait qui, je pense à d'autant plus surprit la population est qu'aucun bulletin météo particulier n'avait été élaboré pour ce jour. Il faut dire que les orages font parti des phénomènes les plus difficile à prévoir. Cela n'enlève rien quant à l'admiration que j'ai pour les prévisionnistes qui se heurtent quotidiennement à une science qui ne sera jamais exacte.
Avant tout, rapide coup d'oeil sur l'emplacement des orages et la densité de foudroiement qu'ils ont engendré en France dont l'Ile-de-France à 15h30:
Maintenant décrivons en phrases et en images le vécu de cet orage mémorable:
La première photo prise entre 14h40 et 14h50 vers le nord-ouest montre le début d'une situation de plus en plus orageuse mais qui ne donne pas de signe particulier quant à la nature du phénomène. En effet, certains nuages de basse ou moyenne altitude s'aggloméraient de façon beaucoup trop dense, et masquaient toute visibilité quant à la détection de nuages potentiellement orageux. Ici, vu l'instabilité déja bien présente, il est probable que des cumulus congestus en grand nombre se soient formés, dont certains atteignaient déja le stade de cumulonimbus (au moins calvus). La présence de nombreuses décharges intranuageuses semblent le confirmer:
Puis, très vite, la pluie et la grêle sont apparues de façon très brutale et violente. Les éléments météo se sont déchaînés avec une vigueur incroyable. Bon nombre d'habitants ont dû être pris de cours dans leurs activités quotidiennes.
Bien évidemment, la montée soudaine d'adrénaline en moi était proportionnelle à la furie des éléments. J'allais et venais de partout pour essayer de prendre des clichés sous les meilleurs angles et points de vue possibles, de tout ce qui pouvait se passer. Mais il survenait tellement de choses à la fois que cela devenait difficilement gérable pour prendre le temps de faire des photos correctes. C'est pour cette raison, et par souci de flou de bougé probable, dû fait de la faible luminosité, que la plupart des images sortiront de captures vidéo.
La capture réalisée au début de l'orage montre la pluie mêlée de grêle qui tombent abondamment et commencent à faire déborder la gouttière (à gauche):
Il sera tombé durant ce très fort orage 42 mm de pluie, valeur un peu sous estimée à mon avis. En effet, je dirais qu'il à dû tomber environ 45, voir 50 mm. Il faut prendre en compte que les grêlons tombés dans le pluviomètre ont certainement projeté de l'eau à l'extérieur du réceptacle.
Certains commerçants de la commune situés en contrebas ont été très affectés par les énormes inondations qui se sont produites dans les rues.
Par exemple, la cave d'un bar-tabac a été noyée sous 1 m d'eau et celle d'un autre commerçant sous 50 cm!! L'accumulation de toute cette eau dans les caves et les sous sol à été telle que les pompiers étaient encore présents le lendemain pour finir de pomper les derniers mètres cubes!
Mais revenons à la situation présente. Maintenant le vent a tourné en ma défaveur, au nord-est. Je ne peux plus filmer dehors et me place alors derrière la porte tellement il pleut. Le plus impressionnant a été de voir et d'entendre les grêlons parfois costauds qui étaient littéralement projetés contre la porte. J'avais l'impression que l'on lançait de nombreux et gros cailloux sur les vitres! Heureusement c'est un double vitrage.
L'orage grêligène atteint son apogée sur ces photos. Par période, la pluie s'effaçait presque totalement et laissait place uniquement à la grêle qui tombait de plus en plus fortement.
Sur la photo juste en dessous, le toit blanchissait à vue d'oeil. C'était vraiment très impressionnant de voir ce spectacle jusqu'alors inconnu à mes yeux. J'entendais le bruit infernal de cette grêle furieuse qui frappait de toute ses forces et sans pitié les objets, les tôles, les verres, et plastiques qui se trouvaient sur son passage. Bien-sûr, la végétation se faisait véritablement hacher sous les plus lourds grêlons, d'autant que les feuilles n'étaient encore que fraîchement sorties. Le vent ayant à nouveau tourné au sud me permet d'établir quelques prises en extérieur:
A quelques minutes d'intervalle, l'évolution sur le toit est surprenante. Il se forme maintenant des amas de glace. Une personne à même cru qu'il avait neigé en région parisienne. En effet, non loin d'ici, tout était recouvert!
Moi non plus je n'ai pas été épargné par les inondations. Les égouts étaient bouchés et le système d'écoulement des eaux mal étudié. On va très prochainement étudier le problème:
L'activité électrique a été ressentie surtout au début de l'orage (modérée à forte). Les fulminants éclataient parfois à une petite centaine de mètres de la maison. Elle s'est peu a peu calmée. Mais quelques coups de foudre apparaissaient de ci de là avec encore une certaine proximité jusqu'à la fin de l'épisode.
Autour de 17h, l'orage et ses précipitations torrentielles qui s'accumulaient dans le sous sol finit par s'aténuer enfin. J'ai fini la journée à éponger le reste d'eau, mais content qu'un phénomène aussi local qu'imprévu et rare aussi se soit produit dans la région. C'est exceptionnel.
Voici à présent les dégâts que la grêle à occasionné sur la végétation à peine sortie de son sommeil dans la Ville de Nogent-sur-Marne (plus touchée), adjacente à celle du Perreux où je réside. Du jamais vu! Photos effectuées le lendemain:
Maintenant passons en revue quelques grêlons que j'ai gardé bien soigneusement dans le congélateur:
Certaines personnes affirment avoir vu des grêlons plus gros encore, de l'ordre de 4 cm!
D'autres villes ont été particulièrement touchées par ces chutes de grêle. Vincennes par exemple en été la cible. Sur ces clichés on observe un véritable tapis de glace de plusieurs centimètres d'épaisseur. D'après l'auteur, les précipitations ont durée 3/4 d'heure (de 16h à 16h50) avec des grêlons de l'ordre de 1 à 2 cm maximum, mais bien plus abondants qu'au Perreux:
Lien de l'auteur: http://ddv.nerim.net/photos/2006-05-13-vincennes-orage/
D'après un témoin (fiable), un tapis de 20 cm a été perçut, toujours dans la région de Vincennes. On peux aussi penser que ces grêlons se trouvaient dans une pente et ont été accumulés dans certains endroits, entraînés par l'eau qui devait certainement ruisseler abondamment.
Pour conclure, ces orages d'une exceptionnelle violence ont à nouveau bien démontré que les caprices météorologiques peuvent sévir n'importe où, même dans les endroits les plus inattendu. Depuis, il me semble maintenant capital de toujours garder sur moi, de quoi pouvoir capturer de tel phénomènes, de façon à... prévoir l'imprévu. Quelle frustration pour un chasseur d'orages de se retrouver devant l'orage du siècle, et de ne pouvoir agir parceque son appareil photo est déchargé ou est resté à la maison!!
27 décembre 2006
Tempête du 8 Décembre 2006
Rapide aperçut de la situation générale de ce Vendredi 8 Décembre 2006 à 0h00:
Depuis déja de nombreux jours, le pays se trouvait sous l'influence d'un flux d'ouest sud-ouest perturbé et doux. Ce dernier entraînait avec lui un grand nombre de perturbations pluvio-venteuses venues directement de l'Atlantique, arrosant ainsi régulièrement la France. Une situation à risque en ce qui concerne la formation de tempêtes.
Cela à fini par se concrétiser dans la journée du 8. En effet, la veille, un creusement dépressionnaire se faisait de plus en plus remarquer au large de côtes. Sa trajectoire laissait penser que son centre avait de grands risques de passer dans nord des terres françaises.
Le soir les premières alertes au vent violent sont émises dans les bulletins. Des rafales de 100 à 120 km/h sont prévues dans l'intérieur, et jusqu'à 140 km/h sur les côtes les plus exposées.
Le creusement maximal de la dépression était prévu à 990 hpa en son centre:
La carte des vents moyens à 10m sur 10 minutes montrent bien que les rafales les plus puissantes se trouvent, comme dans leur habitude dans la partie ouest sud-ouest du centre de la tempête:
Direction approximative: Abordage des côtes vendéennes en début de matinée en passant par Paris vers 12 h pour aller s'essouffler en Belgique en soirée, et mourir en remontant vers le nord-est. La température quant à elle resterai très douce, surtout pour un début décembre.
Le lendemain, levé à 4h00 pour suivre l'évènement. Le centre dépressionnaire aborde comme prévut les Pays-de-la-Loire. Le dernier run (0h00) des modèles annonçe un creusement plus important de la dépression allant jusqu'à 985 hpa. Les vents sont alors susceptibles d'êtres plus importants bien que le jet ne soit pas trop puissant.
Il est 10h et la tempête se rapproche de plus en plus de la région parisienne. Je décide alors d'aller sur le terrain pour contempler le phénomène. Nous irons dans une peupleraie située en face du château de Guermantes en Seine-et-Marne, entre Lagny-sur-Marne et Bussy-Saint-Georges, au nord de la A4. Une fois sur les lieux j'attends. Quelques rafales se faisaient sentir mais sans grande importance, sous un ciel très chargé en stratocumulus, laissant malgré tout apparaître quelques trouées bleues:
C'est après 1h00 d'attente que les rafales se sont faites de plus en plus fortes et de plus en plus nombreuses. Il est alors à peu près 12h00-12h30. Des branches importantes, mortes et vivantes commencent à s'arracher des troncs et à tomber en tous sens. Les arbres souffrent, les fourches crient, les branches hurlent, la nature gémit.
Ces peupliers, géants de 20-25m étaient très brutalisés, dans un bruit plus que grandiose que formait le vent tranché par les rameaux. Les cimes de certains sujets se trouvaient pliées à l'horizontale! Dans cette lignée d'arbres, on se rendait vraiment compte de la localisation des rafales. Certaines qui ne faisaient qu'une trentaine de mètres de large, traversaient la rangée, et laissaient intact tous les autres arbres, presque immobiles situés pourtant juste à côté!:
Vers 13h, la tempête atteint son apogée. Il bruine et vente encore plus fort. Les conditions sont trop difficiles pour pouvoir rester dehors, aussi bien pour moi que pour l'appareil. De plus, malgré un air doux, le windchill dans cet air humide et pénétrant me glaçait véritablement. La prise de photos devient très difficile. A cet instant, les rafales qui déboulaient avec violence dans la peupleraie, soufflaient par endroit toutes les feuilles mortes sur plusieurs dizaines de mètres dans le champs situé à coté, tel un souffleur géant qui passait pour ramasser les feuilles! C'était impressionnant!
Tremblant de froid, je décide donc de remonter dans la voiture pour regagner mon domicile. Cela tombait à pic car la tempête commençait à se calmer progressivement. En arrivant chez moi quelques bonnes rafales étaient encore présentes mais rien de comparable avec le maximum de vent observé dans la peupleraie.
Seule frayeur, le pin de 13 m dans notre jardin menaçait de s'effondrer sur les boxes voisins, et penchait dangereusement à chaque rafale. Un étayage de fortune à permis de le maintenir durant les dernières rafales. Le lendemain il fût fortement étêté pour éliminer tout danger, un bel arbre qui avait pourtant si bien résisté à la tempête de 1999.
En fin de journée retour au calme. Le centre dépressionnaire s'éloigne vers le nord-est et s'essouffle peu à peu. Il poussa en France des pointes de:
-144 km/h sur la pointe de Chemoulin, près de Pornichet,
-140 km/h, le pont de Cheviré,
-169 km/h au sommet du Puy de Dôme,
-125 km/h à Saint Etienne Grand clos,
-122 km/h à Saint Chamond et Saint Gervais,
-137 km/h au sommet de la Tour Eiffel,
-122 km/h à Paris Montsouris (1 mort à Paris suite à une chute d'un panneau publicitaire),
-Jusqu'à 400.000 foyers privés d'électricité.
Pour finir, voici la pression relevée en région parisienne lors du passage de cette tempête. C'est lorsque la pression remonte presque à la verticale que les vents sont les plus violents:
Cette journée on peux dire qu'on aura été gâté, et que cela faisait déja bien longtemps que l'on avait pas eu pareil coup de vent depuis 1999.














































